CMQ SW

Le CR s'exprime

Lettre ouverte à l'Université York


À Mme Lisa Philipps, présidente et vice-chancelière par intérim de l’Université York,
À Mme Laina Bay-Cheng, vice-présidente aux affaires académiques et provost par intérim de l’Université York,
À M. Marco Fiola, directeur du Collège Glendon,
À M. Antonio Di Domenico, président du Conseil des gouverneurs de l’Université York,
Aux membres de la communauté universitaire de York et du Collège Glendon,


La Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) représente les jeunes francophones qui fréquentent les écoles secondaires de langue française en Ontario. Dans quelques mois ou quelques années, plusieurs de nos membres devront choisir où poursuivre leurs études et, surtout, où continuer à construire leur vie en français.

Comme futur.e.s étudiant.e.s franco-ontarien.ne.s, nous connaissons la réalité de vivre en français en milieu minoritaire. Trop souvent, on nous dit qu’un service est disponible en français, mais pas en ce moment. Qu’un programme existe en français, mais ailleurs. Qu’une activité peut être offerte en français, mais seulement s’il y a assez de personnes pour la demander.

C’est pourquoi les changements au Collège Glendon nous concernent directement.

À force de réduire nos espaces, de déplacer nos services et de nous demander de nous intégrer à des environnements anglophones, on risque de perdre quelque chose qu’un programme d’études ne peut pas remplacer : une communauté.

L’éducation en français ne se limite pas à suivre des cours en français. Elle se vit dans les corridors. Dans les activités parascolaires. Dans les services. Dans les rencontres. Dans des conversations entre les cours. Dans les espaces où parler en français devient naturel plutôt que forcé.

Étudier en français, c’est aussi pouvoir vivre en français.

Nous entendons l’argument voulant que les programmes et les possibilités d’étudier en français puissent continuer ailleurs au sein de l’Université York. Mais déplacer des programmes ne signifie pas automatiquement préserver l’environnement qui s’est construit autour d’eux.

On peut déplacer des programmes. On ne peut pas déplacer une communauté.

Nous comprenons également que les institutions postsecondaires font face à des réalités financières et que le statu quo n’est pas toujours possible. Mais lorsque ces réalités touchent une communauté francophone minoritaire, la réponse ne peut pas simplement être de réduire progressivement ce qui existe jusqu’à ce qu’il ne reste plus suffisamment d’opportunités pour constituer un véritable milieu francophone.

Notre génération connaît trop bien les conséquences de l’assimilation. Nous savons aussi que des institutions fortes, des espaces de rassemblement et des occasions de vivre quotidiennement en français contribuent directement à la vitalité de notre communauté.

Nous demandons donc à l’Université York de s’engager à ce que toute décision concernant l’avenir de Glendon : 

  • Préserve un espace physique où le français peut être vécu à tous les jours, et non seulement l'utiliser comme langue d'enseignement ;
  • Maintienne des espaces de rassemblement, des activités et une vie étudiante francophones ;
  • Accorde une place réelle à la communauté franco-ontarienne dans la gouvernance et les décisions concernant l’avenir de Glendon.

Nous ne prétendons pas avoir à nous seul.e.s la solution administrative ou financière à l’avenir de Glendon. Mais nous savons ce que nous refusons de perdre.

Nous refusons que la réussite et la durabilité de l’éducation postsecondaire en français soient mesurées uniquement par la présence de quelques programmes ou cours en français.

Nous refusons l’idée qu’un espace francophone puisse être facilement remplacé simplement parce que les mêmes cours existent ailleurs.

Nous refusons que les décisions concernant l’avenir de nos institutions soient prises sans les jeunes qui devront vivre avec leurs conséquences.

Les jeunes franco-ontarien.ne.s veulent pouvoir étudier en français, travailler en français, créer en français, se rassembler en français et construire leur avenir en français.

Nous demandons à l’Université York de nous démontrer que, peu importe la solution retenue pour Glendon, cette possibilité ne sera pas diminuée.

Parce qu’une francophonie sans espaces pour la vivre est une francophonie qu’on fragilise.
Nous voulons continuer à vivre en français.


Le Conseil de représentation de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne

Henri Lavergne - Président, Félix Dubytz - Vice-président, Gabriel Carrière - Vice-président, Coralie Martin - Représentante du Centre, Élize Boudreault - Représentante du Centre, Alexa Dupuis - Représentante de l’Est, Maélie Quesnel-Parent - Représentante de l’Est, Boris Peric - Représentant du Grand-Toronto, Liam Rajab - Représentant du Grand-Toronto, Mélyane Lizotte - Représentante du Nord, Akee Bonheur - Représentante d’Ottawa, Morgan Gagné - Représentante d’Ottawa, Indica St-Jacques - Représentante du Sud, Kalbillah Toke Dady - Représentante du Sud


Retourner aux actualités

slanted-div